Le devant d’autel d’Oreilla : état de la question et regards techniques

Un article concernant le devant d’autel de Saint-Martin du Canigou : Bosc, Marion, Leturque, Anne, « Le devant d’autel d’Oreilla, état de la question », Arts picturaux en territoires catalans (XIIe-XIVe siècles). Approches matérielles, techniques et comparatives (Dir. Mallet, G., Leturque, A.), Presses Universitaires de la Méditerranée, 2015, p. 101-123.

Résumé

Le devant d’autel d’Oreilla fait partie de la liste du mobilier liturgique de l’église de Saint-Martin-du-Canigou dispersé lors de l’abandon du monastère par les moines en 1784 et hérité par l’église paroissiale de Sainte-Marie d’Oreilla. Beaucoup d’historiens de l’art ont cherché à créer des liens entre ce panneau et d’autres de Catalogne ou à l’inscrire dans un courant byzantin dont l’expression artistique aurait atteint son apogée avec le devant d’autel étudié ici. Cette œuvre a subi une restauration en 1954, elle fut de nouveau observée de manière détaillée en macroscopie, sous loupe binoculaire et radiographiée à l’occasion de cet article. Un élevé des méthodes d’exécution et des caractéristiques stylistiques a été établi ; le résultat de ces observations est détaillé ici. Néanmoins, des analyses scientifiques sont indispensables afin d’identifier les matériaux employés avec précision. À ce titre, si l’emploi de parchemin comme possible support principal est vérifié, le panneau d’Oreilla sera un cas tout à fait unique parmi les devants d’autel catalans. On ne connaît pas de réalisation à une telle échelle sur ce support privilégié des enlumineurs. Cette œuvre est le fruit d’un grand raffinement esthétique, mais aussi d’une spectaculaire variété de décors en reliefs dorés. Les matériaux utilisés sont d’une richesse exceptionnelle, puisque près de 60 % de la surface de l’œuvre est couverte de feuille d’or et d’argent. Les très nombreuses incrustations présentes pourraient à l’origine avoir été comblées par des pierres précieuses et/ou du verre coloré, si l’on se réfère aux imitations de rubis, d’émeraude et de saphirs sur les frises en relief. Des motifs floraux, proches de ceux présents sur le cadre, ont été observés sur une croix processionnelle en argent provenant de l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou, également conservée dans l’église d’Oreilla. Des influences communes sont vraisemblablement à l’origine de ces créations bien que les supports soient différents. Tout ceci tend à renforcer l’idée d’un devant d’autel exceptionnel et destiné à un édifice prestigieux.

Auteur : Anne Leturque

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